Distributeur digital & Agrégateur de contenus : Quelle différence ?

Quelles différences entre distribution digitale et agrégation de contenus ? Et pourquoi c'est important de savoir.
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Je voulais faire un point rapide sur la distinction souvent méconnue entre distribution digitale et agrégation de contenus.

C’est une distinction qui peut être importante notamment si vous voulez demander des aides financières auprès d’un organisme de gestion collective comme la SCPP ou la SPPF.

{ Tu peux lire sur le blog : Besoin de financer ton album ? Voici les 7 aides et subventions à connaître }

 

Cette vidéo – et sa transcription juste en-dessous – est extraite du cours en ligne ACCORD PARFAIT, une Introduction aux Fondamentaux du Droit de la Musique.

 

Extrait du cours en ligne Accord Parfait – © à ContreTemps – 2022 – Contenu protégé au titre du droit d’auteur, pas de diffusion sans autorisation.

Tu peux accélérer la vitesse de lecture en cliquant sur la roue crantée en bas à droite

 


 

Dans le monde de la distribution de la musique en ligne, on a en réalité 2 types d’intermédiaires :

Les distributeurs digitaux à proprement parler, par exemple Believe Digital, Idol ou Absilone pour en citer un plus petit.

Et il y a ce qu’on appelle les agrégateurs de contenus typiquement iMusician, Tunecore, Distrokid, Cdbaby, il y en a pleins d’autres.

Vous lirez souvent sur Internet des gens parler de ces agrégateurs comme des distributeurs digitaux. En soi, ce n’est pas faux. Ce sont des plateformes qui signent des contrats avec des artistes et des producteurs pour distribuer leur musique sur toutes les plateformes de streaming.

Donc effectivement les agrégateurs de contenus s’occupent de distribution digitale.
C’est pour ça que dans ce cours je ne ferai pas de distinction. Quand je parle de distribution, j’intègre aussi les agrégateurs, parce que les flux financiers passent par les mêmes circuits.

Mais il faut quand même connaître la différence essentielle entre les deux.

Comment les reconnaître ?

Un « vrai » distributeur digital se rémunère au pourcentage sur les revenus générés par l’exploitation en ligne (c’est-à-dire via le streaming et le téléchargement). Il va prendre une commission qui varie entre 20 et 40% globalement.

Alors qu’un agrégateur de contenus ne prend pas de %, il facture un forfait (de l’ordre de 10 à 20€ par mois) au producteur (qui est souvent l’artiste lui-même).

Pourquoi cette différence est importante ?

Le distributeur digital (ou numérique, c’est pareil)

Cette différence est importante parce qu’un distributeur digital va être (en principe) beaucoup plus sélectif et plus impliqué dans le développement du projet puisqu’il se rémunère au pourcentage.

Et c’est pour cette même raison que le producteur tente de négocier avec le distributeur des conditions de mise en avant des morceaux, des partenariats, placement dans des playlists, des mises en lien avec d’autres réseaux.
Plus le projet va tourner et générer des revenus, plus le distributeur va toucher d’argent.

Donc un distributeur digital a très peu de chances de signer directement avec un artiste pour distribuer un projet embryonnaire, avec peu de perspectives de développement. Le plus souvent un distributeur signe un contrat avec un label pour distribuer son « catalogue », c’est-à-dire l’ensemble des enregistrements actuels et futurs commercialisés par le label.

L’agrégateur de contenus

Alors qu’un agrégateur de contenus, on l’a dit, lui, est rémunéré au forfait.

Son modèle économique est fondé sur la quantité donc à partir du moment où tu payes ton abonnement, tes morceaux sont en ligne. Il n’y a pas de filtre, aucune sélection, tu peux faire distribuer un seul titre ou 200.

C’est ouvert à tous les projets musicaux de façon totalement égalitaire.
Du coup c’est idéal pour les artistes qui débutent par exemple.

Par contre il n’y a aucun travail de promotion et de mise en avant (sauf si tu payes en plus spécialement des options pour obtenir ces services)

Ça veut dire aussi que si tu touches 0€ de revenus, tu paieras quand même ton abonnement.

 

Il peut arriver, vous l’aurez peut-être envisagé, qu’un agrégateur de contenus et un distributeur appartiennent à la même entreprise. C’est le cas par exemple de TuneCore qui a été racheté par le groupe Believe. On peut dire, d’une certaine manière, que TuneCore c’est l’offre « grand public », celle destinée aux artistes débutants ou en voie de développement, alors que Believe Digital ciblerait plutôt les artistes et labels déjà bien établis.

C’est cette différence qui fait que souvent dans les critères d’obtention d’une demande d’aides financières pour produire son album, il est demandé un contrat de distribution digitale et non pas un accès chez un agrégateur de contenus. La signature d’un contrat de distribution semble être un gage de sérieux et de professionnalisme.

 

Pour t’aider, un schéma pour résumer tout ça :

 

 

Voilà c’est ce que je souhaitais vous partager sur la différence entre distributeurs digitaux et agrégateurs de contenus.

J’espère que ça t’a permis d’y voir plus clair.

Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser en commentaires 👇

Pour aller plus loin

Si tu veux découvrir le monde passionnant du Droit de la musique et comprendre les mécanismes qui font tourner le monde professionnel de la Musique, tu peux rejoindre le cours en ligne, Accord Parfait !

Article rédigé par  : Jennifer ESKIDJIAN

Article rédigé par : Jennifer ESKIDJIAN

Juriste, Formatrice, Fondatrice du site À ContreTemps

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