Streaming musical : comprendre les modes de rémunération des artistes

Comment fonctionne la rémunération des artistes en streaming ? Modes de calcul et principes clés d'une rémunération complexe.

Publication : 2020
Dernière mise à jour : Décembre 2025

Comment sont réellement rémunérés les artistes quand leur musique est diffusée en streaming ? 

Pendant longtemps, dans la musique, les repères étaient relativement clairs : un disque avait un prix de vente, et une diffusion en radio donnait lieu à une rémunération calculée selon des barèmes précis.

Avec le streaming, ces repères ont disparu. Beaucoup cherchent aujourd’hui à savoir combien vaut un stream, comme s’il existait un prix fixe par écoute. Or, la rémunération du streaming ne repose pas sur un tarif unitaire, mais sur un partage de revenus, calculé a posteriori.

La rémunération des artistes en streaming dépend ainsi de plusieurs éléments :

  • d’où vient l’argent
  • qui se le partage
  • et selon quels modes de calcul il est réparti


Et c’est ce qu’on va voir dans cet article où je vais tâcher d’expliquer comment fonctionne ce système, les modes de rémunération existants, et montrer pourquoi les montants observés varient d’une situation à l’autre.

Mon objectif n’est pas de donner un chiffre, mais de t’aider à comprendre les mécanismes en jeu.

 

Pour retrouver d’autres articles sur les droits et revenus des artistes, tu peux consulter la section : Les Droits des Artistes

Sommaire

 Première Question : D'où vient l'argent du streaming ?

Pour faire simple, à l’heure actuelle, il y a 2 sources de revenus pour les plateformes de streaming :

  • les abonnements payants

  • la publicité

Cette distinction est importante.

Parce que si ton titre a été écouté par quelqu’un qui a payé un abonnement ou s’il a été écouté par quelqu’un qui a un compte gratuit (= donc payé par la publicité), tu ne toucheras pas la même chose.

Deuxième Question : Qui se partage les revenus du streaming ?

Ce n’est pas uniquement l’artiste que tu entends chanter qui touche de l’argent.

Il est fondamental de comprendre que toutes celles et ceux qui ont participé à la création du titre écouté en streaming ET à qui la loi accorde des droits sur cette création doivent toucher une rémunération.

Il peut y avoir beaucoup de monde selon les morceaux !

Et chacun va devoir obtenir sa part.

Les auteurs, compositeurs et éditeurs musicaux

D’un côté, il y a les titulaires des droits d’auteur, c’est-à-dire :

  • l’auteur-compositeur, et souvent ils sont plusieurs auteurs et/ou plusieurs compositeurs
  • sans oublier les arrangeurs
  • il y a souvent aussi un éditeur musical, ou plusieurs

 

N’oublions pas non plus à la Sacem à qui les plateformes de streaming reversent l’argent (environ 15% des revenus des abonnements HT) pour qu’elle se charge de le redistribuer aux auteurs, compositeurs, éditeurs. Donc forcément, il faut déduire ses frais de gestion aussi.

Les artistes-interprètes, labels et distributeurs

De l’autre côté, il y a les titulaires des droits voisins et ceux qui partagent ses droits avec eux, c’est-à-dire :

  • le label qui a produit l’enregistrement, c’est le producteur phonographique
  • l’artiste-interprète principal ou les artistes s’ils sont membre d’un groupe
  • parfois, il y a aussi un autre label, le “licencié” avec qui le producteur a signé un contrat de licence exclusive
  • il peut y avoir aussi le distributeur numérique.


Donc, toutes ces personnes et sociétés perçoivent un pourcentage des revenus issus du streaming. Pourcentage qui dépend aussi de ce qui a été négocié dans les contrats.

Important : Les artistes-interprètes d’accompagnement (= les musiciens musiciennes de studio qui ont participé à l’enregistrement) ne touchent pas de rémunération du streaming à ce jour. Seul l’artiste principal (ça peut être plusieurs personnes s’il s’agit d’un groupe) touche un pourcentage sur les titres diffusés en streaming, en fonction du pourcentage négocié dans son contrat d’enregistrement exclusif (contrat d’artiste).

Toutefois, depuis 2022, les artistes d’accompagnement peuvent désormais être rémunérés sur les streams au-delà de 7,5 millions de streams certifiés. Voir références en fin d’article. 

Si tu as besoin de te rafraîchir la mémoire, lis sur le blog l’article sur les droits voisins des artistes-interprètes.

La plateforme de streaming et l'Etat ont leur part aussi

N’oublions pas bien entendu la plateforme de streaming qui, elle aussi, doit se rémunérer. La commission est généralement aux alentours de 30%.

Et l’État, toujours, via le paiement de la TVA (20% actuellement si je ne me trompe pas).

Donc tout ce beau monde perçoit sa part sur les abonnements payés par les utilisateurs et sur les revenus de la publicité.

Tu comprends pourquoi je dis que pour savoir “combien”, il faut d’abord se demander “qui” ?

Pour un titre streamé, s’il y a 1 auteur, 2 compositeurs, 1 arrangeur, 1 éditeur musical, 1 artiste principal, 1 label, 1 distributeur numérique, ça fait déjà 8 personnes qui ont participé à la création de ce titre et qui devront toucher une part des revenus. Et ce n’est pas du tout une situation exceptionnelle.

Par contre, si tu es auteur, compositeur et interprète unique, que tu as monté ton propre label (donc que tu es propriétaire de tes enregistrements), que tu fais ta promo tout·e seul·e et que tu passes par un agrégateur de contenus, il est certain que ta part à la fin sera plus importante ! Tu cumuleras les parts en quelque sorte, tu cumuleras les revenus.

Troisième Question : Comment on va se partager cet argent ?

C’est une question très importante aujourd’hui parce qu’elle impacte directement le niveau de revenus de chacun.

Il est difficile de trouver encore le bon équilibre et de mettre tout le monde d’accord. Mais, les choses évoluent.

Ça n’est finalement que le début de l’histoire de (l’économie de) la musique en ligne.

L’idée n’est pas de condamner tel ou tel modèle, mais d’abord d’essayer de comprendre.

Les deux options proposées actuellement pour répartir l’argent du streaming sont :

  • 1ère méthode : Rémunération selon la “part de marché” (méthode actuelle de beaucoup de plateformes, dont Spotify ou Apple Music)

  • 2ème méthode : Rémunération selon ce qu’écoute réellement chaque abonné (nouvelle méthode qui est en train d’être expérimentée par Deezer).

 

Je vais t’expliquer par un calcul volontairement simplifié à l’extrême. Ne fais pas attention aux chiffres ! C’est vraiment juste pour comprendre le principe et la différence entre les deux modes de calcul.

 1ère méthode de calcul : rémunération selon les parts de marché

Avec la première méthode, on calcule la part des streams d’un titre sur la part totale de tous les streams de la plateforme.

Je donne un exemple.

Sur 100 écoutes totales sur une plateforme :

➤ Le titre “Super” de l’artiste UrbanXX a comptabilisé 90 écoutes : ce titre représente donc 90% des parts de marché.

➤ Le titre “Soleil” de l’artiste HappyLove a comptabilisé 10 écoutes : ce titre représente donc 10% des parts de marché.

Donc, imaginons, juste pour l’exemple, qu’il y ait au total 2 abonnés sur la plateforme, Sophie et Miguel, qui payent chacun 10€ par mois.

Donc le total des revenus encaissés sur 1 mois par la plateforme, est de 20€ (je mets de côté volontairement les revenus publicitaires).

➤ UrbanXX touchera, ce mois-là, grâce à son titre, 90% du total des revenus : soit 18€

➤ Happy Love touchera 10% des revenus totaux : soit 2€

Ça, c’est la méthode de calcul selon les “parts de marché” d’un titre.

C’est quoi le problème avec cette méthode ? Pourquoi est-elle remise en cause par certains ?

C’est qu’on ne prend pas en compte ce que les utilisateurs écoutent vraiment.

Tu vas comprendre en regardant la différence de calcul.

2ème méthode de calcul : rémunération selon les titres réellement écoutés 

Avec la deuxième méthode, l’abonnement payé par un utilisateur va aux artistes qu’il a écoutés.

Si je reprends le même exemple.

Toujours 2 abonnés, un total des revenus de 20€.

Ici, il n’est plus question de parts de marché.

On va regarder ce que chacun des abonnés écoute réellement (nous avons aujourd’hui les technologies qui nous permettent de le faire).

Et on s’aperçoit que :

➤ Sophie a écouté : 90 fois le titre “Super” de Urban XX et n’a pas du tout écouté HappyLove.

➤ Miguel a écouté : 10 fois “Soleil” de Happy Love et n’a jamais écouté UrbanXX.

Donc, selon cette méthode, ce qui est proposé, c’est que :

➤ Les 10€ d’abonnement payés par Sophie aillent à Urban XX qui touchera 10€…au lieu 18€ dans la 1ère méthode.

➤ Les 10€ d’abonnement payés par Miguel vont aller à HappyLove qui touchera donc 10€…au lieu de 2€ dans la 1ère méthode.

 

Tu comprends le principe du partage plus équitable demandé par certains ?

Bien sûr que c’est simplifié, qu’il faut normalement déduire la commission de la plateforme. Évidemment, il faut prendre en compte le fait que cette somme va être partagée entre tous les professionnels dont on a parlé à la Question 2. Je ne parle pas non plus ici des revenus publicitaires.

Mais le but est d’illustrer – très – grossièrement les deux méthodes de calcul.

Le débat sur les modes de calcul

Dès lors, tu imagines bien que le débat ne concerne pas juste UrbanXX et HappyLove.

Derrière eux, il y a des auteurs, des compositeurs, des éditeurs musicaux, des producteurs, des organismes de gestion collective, des distributeurs qui négocient fermement, pour obtenir “la plus grosse part” ou “une part équitable” selon les cas.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode.

Tout dépend du point de vue.

C’est pour t’aider à comprendre le principe et les débats actuels autour de la rémunération des artistes.

Parce que si toi, en tant qu’artiste-interprète, compositeur ou producteur, tu comprends de quoi on parle, ça veut dire que tu peux aussi décider quel est le meilleur système selon toi ou au moins celui que tu as envie de tester, et donc te positionner.

 

On peut penser qu’il est évident que :

UrbanXX va défendre le 1er modèle parce qu’il touche 18€ au lieu de 10€.

Et que HappyLove le 2ème, parce qu’elle touche 10€ au lieu de 2€.

Oui, si on se place uniquement du point de vue des revenus encaissés immédiatement.

Mais ce ne sont pas les seules et uniques questions soulevées par ce débat :

Et demain, quand HappyLove sera aussi connue et diffusée que UrbanXX, quel modèle va-t-elle défendre ?

Demain, quand UrbanXX sera jeté aux oubliettes, quel modèle va-t-il défendre ?

Et n’oublions pas dans le débat : l’utilisateur lui-même.

Avec l’émergence de ce sentiment de plus en plus présent, celui d’avoir besoin de savoir où va l’argent que l’on dépense, ce qu’il soutient, nourrit, et à qui il profite.

Un utilisateur sera plus enthousiaste à l’idée que l’argent qu’il paye chaque mois permette de rémunérer directement les artistes qu’il écoute.

C’est la vision qu’essaye de défendre Deezer avec l’adoption de ce qu’on appelle le User Metric Payment System. Ils expliquent leur vision sur leur site : Deezer et le streaming équitable

Et surtout, à mon sens, ce débat soulève la question la plus importante peut-être : Qui décide ?

Qui décide si on choisit la première méthode ou la seconde méthode ?

Voire même s’il y en a une troisième ?

Je te laisse y réfléchir…

Au final, combien un artiste touche exactement quand son titre est streamé ?

Tu comprends maintenant que pour répondre précisément et définitivement à cette question, ça va dépendre de beaucoup de facteurs :

1. Quel mode de calcul on choisit

2. Le nombre d’abonnés de la plateforme (= combien elle a encaissé d’abonnements payants)

3. Le montant des revenus publicitaires encaissés

4. Combien de streams de ton titre

5. Le nombre de streams totaux sur la plateformes (pour pouvoir calculer la part de marché de ton titre sur le total…)

6. Quelles sont les personnes qui ont des droits sur ce titre à part toi ? (Et peux-tu toi-même cumuler les casquettes ?)

7. Quel pourcentage touche chacune de ces personnes ?

8. Et toi, qu’as-tu négocié dans tes contrats ?

 

Et tant qu’on n’a pas une transparence totale sur ces chiffres – et on ne l’a pas aujourd’hui – on ne peut pas savoir exactement à l’avance combien un artiste, un auteur-compositeur, un producteur va toucher.

Il n’y a pas UN tarif fixe et définitif, à ce jour en tout cas. Il nous faut suivre l’évolution rapide des usages, de la technologie et de la réglementation !

À une époque, on a pu avoir l’impression que les plateformes de streaming promettaient le paiement de “XX centimes par stream”. Mais ça ne s’est pas passé comme ça.

On est en réalité dans un système de tarif “flottant” au gré des “parts de marché”.

Et c’est ce qui a peut-être dérouté pas mal d’artistes indépendants et de professionnels émergeants.

Tous les chiffres que tu trouveras sur Internet aujourd’hui sont en réalité des moyennes approximatives observées sur une période donnée.

Cela dit, ils t’offrent un ordre d’idée, à savoir qu’un artiste-interprète touche en moyenne quelques millièmes de centimes par stream : entre 0,0002€ à 0,0009€ selon les estimations.

Mais comme on l’a dit tout à l’heure, si tu cumules plusieurs casquettes (auteur, compositeur + artiste + producteur…), alors tu toucheras aussi ces parts-là.

N'oublions pas que la clé est dans la diversité

Rapidement, pour finir.

S’il te plait, je sais qu’on peut en lire de toutes les couleurs sur Internet, mais n’oublie pas que :

Il ne s’agit pas de faire du streaming la seule et unique source de revenus de la musique. Ne retombons pas dans le piège du “CD ou la mort” et de cette habitude de la mono-culture intensive.

Je vois sur Internet des calculs ahurissants pour savoir combien de streams il faut pour qu’un artiste arrive à toucher un SMIC (le salaire minimum en France). J’ai l’impression que ça déforme complètement le débat et les enjeux…

L’objectif d’un artiste n’est pas de recevoir un chèque de 1.400€ chaque fin de mois avec son streaming. Ni de gagner un Smic avec une seule activité.

Le streaming est juste une façon de diffuser la musique. Un canal de diffusion parmi d’autres.

Oui, aujourd’hui il est très important. Peut-être pour quelques années encore.

Mais faisons attention à la dépendance absolue que l’on a tendance à créer envers un seul mode d’exploitation de la musique. Tendance largement entraînée aujourd’hui par un modèle industriel essoufflé en fin de cycle.

Attention à ne pas résumer la carrière d’un artiste à un nombre de streams…

Le streaming reste un moyen, parmi des dizaines autres, pour la musique de se faire entendre, d’être partagée. C’est loin d’être la seule façon de diffuser de la musique et de générer des revenus.

Oui, bien sûr, en même temps, j’encourage les artistes à prendre position sur les modes de rémunération du streaming. Pour défendre leurs droits. Pour apprendre à se lever et prendre leur part du gâteau.

Pour arrêter d’être considérés comme les derniers maillons de la chaîne à qui on lance des cacahuètes, voire des épluchures de cacahuètes, alors que ce sont eux le socle véritable de la création.

Donc oui, il faut que les revenus du streaming augmentent pour les artistes.

Mais.

Le but est d’arriver à un partage équitable.

Pas que le streaming rapporte “un SMIC par mois” aux artistes.

 

C’est pour ça que dans le cours en ligne Accord Parfait j’insiste autant sur la diversité des sources de revenus, sur les rémunérations complémentaires et la compréhension des droits voisins.

Parce qu’aujourd’hui un·e professionnel·le de la musique sait qu’il est impossible et dangereux de ne compter que sur une seule source de revenus.

Voilà je m’arrête là.

C’est un sujet complexe qui évolue énormément et rapidement. Donc si tu as des questions, recommandations ou partages, n’hésite pas à laisser un commentaire sous l’article, j’y réponds toujours. Et si l’article t’a été utile, tu peux me le faire savoir en cliquant sur le coeur 💛 Merci !

Des ressources sur le Streaming

Rémunération Minimum Garantie

En mai 2022, un accord très important a été signé entre les différents acteurs de l’écosystème de la musique pour :

  • définir un taux de royalties minimum pour les artistes-interprètes principaux signés en contrat d’artiste
  • garantir une rémunération minimum pour les artistes d’accompagnement et un pourcentage sur les streams (à partir de 7,5 millions de streams certifiés)

 

Voici quelques ressources fiables que tu peux aller consulter :

D'autres ressources intéressantes

  • Cet épisode de mars 2022 du podcast Dans le Tempo où Salman et KronoMusik invitent le journaliste Sophian Fanen, spécialiste de l’industrie de la musique et tout particulièrement de la musique en ligne pour comprendre le business du streaming. J’en profite d’ailleurs pour recommander tous les contenus de la série Culture Son présentée par le talentueux Salman.

Je recommande également le livre Boulevard du Stream de Sophian Fanen à toutes celles et ceux qui s’intéressent à l’évolution du monde de la musique ces 20 dernières années.

couverture du livre Boulevard du stream de sophian fanen

Tu veux aller plus loin ?

Retrouve d’autres articles sur les droits et revenus des artistes dans la section :
Les Droits des Artistes

Un article essentiel pour développer ses activités : Artistes-interprètes : comprendre ses droits pour devenir pro

Tu es auteur-compositeur, compositrice, artiste-interprète et tu développes des activités professionnelles dans la musique ?

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Dans le cours en ligne Accord Parfait, je t’explique – simplement et sans jargon – les bases à connaître quand tu commences : 

  • Comment on autorise – ou pas – l’utilisation de son travail
  • Où et comment récupérer son argent
  • Qui fait quoi dans le monde de la musique
  • Quels contrats on signe et avec qui

 

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Les commentaires

26 réponses

  1. Bonjour, Je suis Travailleur Indépendant depuis 1996 et ai à mon actif plus de 500 concerts et plus de 300 compositions déposées à la SACEM. Je ne fais plus de concerts de façon à recentrer mon activité sur les maths électroacoustique pour composer, fabriquer un microprocesseur et un logiciel audio qui me permettront de faire ce que les autres logiciels d’électroacoustique et mixage ne (me) permettent pas de faire. J’ai donc recentré mon activité sur Internet et le streaming.
    Je me posais la question de la rémunération car la SACEM m’a dit qu’il n’y avait pas de statistiques sur le rapport stream/rémunération, pour la simple et bonne raison que c’est trop compliqué de faire ce type d’estimation. Dans votre article, l’on apprend pourquoi.
    La SACEM a apparemment réussi à négocier au moins par rapport à la Directive Européenne sur le Droit du Numérique, une limite basse en rémunération d’obligatoirement 1000 (mille) euros pour 1000000 (un million) de streams, minimum que toutes les plateformes même en-dehors de l’UE doivent respecter, si j’ai bien compris.
    … sauf que je n’ai aucun contrat avec l’une des principales plateformes de streaming qui diffuse ma musique en ce moment, citons, souncloud.
    Les chiffres de streaming que j’ai en ce moment deviennent assez importants, car j’ai dépassé les cent mille streams ce mois-ci, octobre/novembre. Si la SACEM me rémunère, je ne sais pas pour l’instant à quoi mes Droits d’Auteur.e vont correspondre, mais apparemment, pour 4 titres, j’ai deux musiciens qui ont participé à l’enregistrement, pour quatre autres, j’ai trois musiciens qui ont participé à l’enregistrement, pour un titre, c’est Wayne Shorter qui a les droits si c’est encore le cas relativement au Copyright, et pour un titre également, c’est un morceau de Thelonious Monk qui, il me semble, est dans le domaine public.
    Il y a, donc, soit deux, soit trois personnes, dont moi-même qui vont toucher des D.A., si je comprends bien.
    Mais relativement au fait que j’auto-produis, je dois toucher aussi la part producteur, et les musiciens qui m’ont accompagné doivent aussi avoir leur part. Qui les rémunère? Via quel contrat? Entre qui et qui? Qui me rémunère en tant que producteur en auto-production? Via quel contrat, puisque je suis un ‘abonné-artiste’ du site soundcloud, mais n’ai pas de contrat avec leur entité juridique? Dois-je signer quelque chose? Y a-t-il un contrat-type déposé au SNAM, comme pour les contrats d’engagement et contrats de licence?

    1. Merci pour ton message et ton partage.

      Les droits d’auteur que tu toucheras via la Sacem ne seront à partager qu’entre les auteurs et compositeurs. Donc tu dis qu’il y a 2 ou 3 “musiciens qui ont participé à l’enregistrement” => déjà on n’est pas du côté de la Sacem et des droits d’auteur, mais du côté des droits voisins.
      Pour ce qui est des reprises des compositions de W Shorter ou T Monk, la Sacem reversera la part à qui de droit (si les dépôts ont été fait correctement).

      Pour ce qui est de ta part producteur, tu touches de toute façon les redevances via ton distributeur digital (ou directement via les plateformes comme Soundcloud par ex => va voir dans leur CGU voir comment ils monétisent les contenus et contacte les directement, tu dois avoir un compte / des conditions écrites qq part).

      Et s’agissant des musiciens qui t’ont accompagné, ils auraient dû toucher un cachet au départ et signer un contrat d’engagement (par exemple une feuille de présence Spedidam => va voir sur leur site).
      Jusqu’à présent, les musiciens d’accompagnement ne touchaient pas de % du streaming. Ce qui a changé depuis cet été => regarde à la fin de l’article, je viens tout juste de rajouter une mise à jour à ce propos.

      Voilà je ne peux pas entrer plus dans le détail (sans que ça devienne une consultation personnalisée) mais j’espère que ça t’éclaire un peu,

      Bien à toi

  2. Bonsoir, merci pour l’article ; Le site est top au passage, très épuré et clair ( ce qui n’est pas évident quand on aborde des sujets complexe comme ici)

    Néanmoins je ne suis pas encore sur d’avoir compris le sujet de « à qui les plateformes de streaming reversent directement l’argent et comment ? ». En effet, ce thème crée beaucoup de confusions dans le monde du beatmaking car pas mal d’informations relayés se contredisent . Si vous arrivez à m’aider ce sera une grosse épine d’enlevé !

    Je m’explique.
    Etant membre à la SACEM en tant que compositeur, j’ai toujours pensé que la quasi intégralité de l’argent qui était généré par les plateformes de streaming (Spotify, Deezer..etc) était reversé et accaparé par la SACEM, qui elle-même, le redistribuait en le répartissant à tous les ayants droits (éditeurs, compositeurs, auteurs) présents sur une oeuvre, en fonction du pourcentage qui leur était accordé. La SACEM était donc dans ma tête l’unique moyen pour le compositeur de récupérer l’argent de ses droits d’auteur (sa partie compo)car les société de collecte (SACEM) étaient dans mon esprit l’unique acteur a qui les plateforme reverse directement l’argent

    Néanmoins, il y a une semaine je suis tombé sur un article qui disait : « seulement 15% restants (des revenus générés par les streams de l’oeuvre) sont reversés à l’organisme de gestion des droits d’auteurs (SACEM..), qui va redistribuer à l’auteur-interprète, compositeurs et éditeurs. (Avec 1,5% de frais de gestion) »

    De plus lors de la lecture de vôtre article il y a marqué : « Sans oublier la SACEM. C’est à elle que les plateformes de streaming reversent l’argent (environ 15% des revenus des abonnements HT) pour qu’elle se charge de le redistribuer aux auteurs, compositeurs, éditeurs. Donc forcément, il faut déduire les frais de gestion. »

    Du coup suite a ces lectures, je ne suis pas sur d’avoir compris le sens de cette phrase.. et de ces 15% qui reviennent souvent.
    Est-ce que cela veut dire que la SACEM n’a vraiment obtenu que 15% des revenus des plateformes de streaming, et qu’elle se charge par la suite elle-même de redistribuer après aux ayants droits ? ce qui voudrait dire déjà qu’elle ne m’avait pas avertit et que je ne suis rémunéré qu’a partir des 15% du total des revenus des streams collecté et du coup où sont passé les 85 autres % ?
    Et si oui est-ce que les plateformes reversent les revenus aux ayants droits (comme le compositeur) d’une autre manière sans l’intermédiaire de la SACEM et comment faire pour les récupérer ?

    Voilà, je ne sais pas si c’est clair mais pour résumer ; est ce que ma première croyance était juste et il n’y a effectivement que les organismes de collecte qui nous reversent l’argent des droits d’auteur qui nous ai destiné et sinon comment un compositeur récupère la totalité de ses droits d’auteur de compos si la SACEM n’a et ne redistribue qu’une partie ?

    merci beaucoup

    1. Salut et merci à toi pour ton message.

      Ton raisonnement est correct et ce que dis est juste : la Sacem (ne “s’accapare” pas), elle collecte l’argent dû aux auteurs, compositeurs et éditeurs musicaux auprès des plateformes. Elles reversent ensuite leur part à chacun.
      Le compositeur touche bien la totalité de ce que qui lui revient.

      Mais ce que tu oublies c’est ce que j’explique dans le paragraphe “Qui se partage les revenus ?“.

      Tu es confus parce que tu te places uniquement du côté des DROITS d’AUTEUR.

      Mais les auteurs, compositeurs ne sont pas les seuls ayants droit !

      Tu oublies “l’autre côté”, le monde des DROITS VOISINS : les interprètes et les producteurs des enregistrement. Eux aussi récupèrent de l’argent du streaming via leur distributeur.

      Dans l’article, je dis :

      De l’autre côté, il y a les titulaires des DROITS VOISINS : c’est-à-dire les artistes-interprètes (principaux).

      À leur côté, il y a très souvent un label, c’est-à-dire le producteur phonographique.

      Parfois, il y a aussi un autre label, le “licencié” avec qui le producteur a signé un contrat de licence exclusive.

      Il peut y avoir aussi le distributeur numérique.

      Toutes ces personnes et sociétés perçoivent un pourcentage des revenus issus du streaming. Pourcentage qui dépend aussi de ce qui a été négocié dans les contrats.

      Sans oublier bien entendu, la plateforme de streaming qui, elle aussi, doit se rémunérer. La commission est généralement aux alentours de 30%.

      Et l’État, toujours, via le paiement de la TVA (20% actuellement si je ne me trompe pas).

      Donc tout ce beau monde va et veut toucher sa part sur les abonnements payés par les utilisateurs et sur les revenus de la publicité.

      Tu comprends pourquoi je dis que pour savoir “combien”, il faut d’abord se demander “qui” ?

      Pour un titre streamé, s’il y a 1 auteur, 2 compositeurs, 1 arrangeur, 1 éditeur musical, 1 artiste principal, 1 label, 1 distributeur numérique, ça fait déjà 8 personnes qui ont participé à la création de ce titre et qui devront toucher une part des revenus. Et ce n’est pas du tout une situation exceptionnelle.

      Par contre, si tu es auteur, compositeur et interprète unique, que tu as monté ton propre label (donc que tu es propriétaire de tes enregistrements), que tu fais ta promo tout·e seul·e et que tu passes par un agrégateur de contenus, il est certain que ta part à la fin sera plus importante ! Tu cumuleras les parts en quelque sorte, tu cumuleras les revenus.

      Est-ce que ça répond à ta question ?

  3. Bonjour et merci pour cet article fort intéressant
    Je collabore avec un artiste auteur compositeur interprète : nous avons déposés 4 titres d’Ory Jah sur les plateformes streaming en créant un compte avec iMusician, et une chaîne YouTube a été automatiquement générée ( pour laquelle nous n’avons aucun accès) depuis 2019 date à laquelle nous avons ouvert un compte chez iMusician
    Nous souhaitons retirer tout ça mais malgré les échanges mail avec l’agrégateur nous n’avons aucune action possible depuis notre compte
    Avez-vous des solutions ou des contacts qui pourraient débloquer la situation ?
    Merci pour votre réponse
    Nadège

    1. Salut Nadège,

      Quelques questions d’abord :

      – Ont-ils créé cette chaîne avec votre accord écrit ?
      Je ne suis pas au courant de cette pratique. Est-ce habituel chez eux ?

      – Par ailleurs, QUI n’a pas d’accès : l’artiste ? ou toi ?
      – Et toi, à quel titre le représentes-tu ?

      – Qui est le producteur (propriétaire) des enregistrements ? (au cas où : Un Producteur phonographique : C’est Quoi exactement ?)

      – Tu dis que vous avez des échanges avec iMusician. Que disent-ils ? Quelles raisons donnent-ils pour vous refuser l’accès ?

      Tout ça me paraît bien étrange.
      Des solutions ou des contacts, oui peut-être mais ça dépend de ce qui coince vraiment.
      Je ne vais pas t’envoyer chez un avocat si ça peut être réglé autrement (et à mon avis ça peut l’être).

      J’attends que tu me répondes et on verra ce qui peut être fait

  4. Bonjour,

    Merci pour cet excellent article que j’ai pris plaisir à lire. Moi même je souhaite être artiste sur les plateformes de streaming.

    J’avais quand même une précision à demandé dans le système de rémunération. Très souvent, spotify par exemple font des périodes d’essai. Est ce que les streams générés de ses comptes sont comptabilisé et rémunéré ?

    Merci à toi en tous cas et très bon travail

    1. Bonjour Amu,
      Merci beaucoup pour ton message, ravie que cet article t’ait plu 🙂
      La réponse à ta question tu la trouveras, comme d’habitude… à la Source !! c’est-à-dire en demandant directement à Spotify ! Envoie leur un mail.
      Toutefois, je ne vois pas pourquoi les streams ne seraient pas rémunérés même pendant la période d’essai, il n’y aurait aucune justification à une telle pratique, donc à mon avis tous les streams sont comptabilisés et payés. Mais je veux bien que tu me tiennes au courant s’ils te répondent, ok ?

  5. Merci Jennifer pour tout ces précisions
    ma question de savoir s’il es possible d’être un artiste en terre africaine et touché des revenus a la sacem en France ?

    1. Salut Chrismaël,
      Ça dépend de quelle région tu es, mais je crois que c’est possible oui. La Sacem compte de nombreux auteurs-compositeurs étrangers.
      J’ai trouvé ce document pdf : Mag Sacem – International
      Il y a le nom d’un contact de la Sacem pour les territoires d’Afrique sub-saharienne.

      Et tu cliques ici pour les conditions d’inscription (il n’y a pas de condition de nationalité apparemment) : https://createurs-editeurs.sacem.fr/documents-adhesion

      Je pense que tu peux trouver des infos !

  6. Je suis pianiste, compositeur, je viens de voir mes statistiques fort intéressantes sur iMusician, et je constate que mes streams de 300 par mois sont passés à 18000 ce mois; est-ce déjà un bon chiffre ?

  7. Bonjour je suis auteur, compositeur, interprète et indépendant (sans label intermédiaire) je passe par imusician pour diffuser mon album. Ayant effectué 1500 streams en 1 mois je me suis dit que c’était pas trop mal et la.. mon crédit affiche moins de 8€.. effectivement il vaut mieux ne pas compter uniquement sur le stream pour espérer vivre de ça ou même générer un revenu correct, perso je trouve ça presque décourageant pour un artiste pas ou même peu connu (qui a quand même un public régional).
    Je vends mes albums en concert et c’est évidemment le jour et la nuit en terme de revenus.
    Chacun prends sa part sur les streams je suis d’accord mais toucher 0,004 € par stream.. bon courage amis musiciens.
    Merci pour l’article en tout cas !

    1. Merci Etienne ! Mais quand tu dis que tu touches 0,012 euro par stream, tu peux préciser en tant que quoi (artiste, prod, compositeur, etc) ?

    1. Mince ! Bon, il faudra que tu relises plusieurs fois alors 🙂 Et essaye d’aller aussi directement sur les plateformes de streaming pour voir comment elles expliquent ça aux artistes qui diffusent de la musique sur leur site

  8. Bonjour. Je viens de découvrir votre blog: bravo! Je ne connaissais quasiment rien aux modes de fonctionnement du “business” de la musique, et tout est devenu très clair. Le top! Merci pour vos explications. Je vais peut-être prochainement céder à la tentation des 2 cours : streaming et contrats. Bonne continuation. Philippe

    1. Merci à toi Philippe ! Bienvenu sur le blog, je suis ravie qu’il puisse t’apporter la clarté nécessaire pour développer tes projets. Et je ne peux que t’inciter à céder à la tentation de t’inscrire aux cours en ligne : aucun risque de damnation, au contraire ! haha 🙂 A bientôt !

  9. Bonjour Jennifer,

    C’est maintenant le 2éme message que je laisse sur votre blog parce que vos sujets sont pleins de ressources et très bien expliqués et mériteraient à mon sens de se faire d’avantage connaitre, en vous encourageant parce que cela ne doit pas être simple d’arriver à prendre le cas de tout le monde dans ce domaine.

    Donc, effectivement, pour mon simple avis , le streaming, c’est juste une plateforme afin de se faire connaitre et non un bon moyen de gagner de l’argent.

    Pour mes questions, parce que ce sujet ne traite que sur le streaming.

    -Sauriez vous comment cela ce passe pour la rémunération des musiques, envers les jeux vidéos ou les jeux sur internet envers les compositeurs ?
    -Est ce que se sont les mêmes types de contrats que les compositeurs de musique de films aux droits à l’image ?

    En vous remerciant d’avance.

    Jérôme.

    1. Salut Jérôme,

      Merci beaucoup pour ton message et tes encouragements ! 🙂

      Pour répondre à tes questions :

      – Pour le streaming de jeux vidéos (sur Twitch par exemple), la Sacem a signé un accord avec la plateforme récemment. Plus d’info ici sur le site de la Sacem. Là, ça concerne la rémunération des auteurs-compositeurs.
      Pour les artistes-interprètes et les producteurs phonographiques (quand on diffuse leurs enregistrements pendant qu’un jeu vidéo est joué), aucun accord pour le moment, donc c’est la galère. Il faut que ceux qui utilisent la musique dans un jeu vidéo en streaming demandent l’accord des producteurs de l’enregistrement…ce qu’ils ne font jamais (puisqu’ils ne savent même pas de quoi on parle). Donc affaire à suivre.

      – Pour ce qui est de la synchronisation d’une musique dans un jeu vidéo, les éditeurs de jeux vidéos (type Ubisoft etc) demandent et négocient les autorisations directement aux ayants-droits (éditeurs/auteurs-compo et producteur/interprètes)

      – Pour les contrats, j’avoue que je n’ai jamais eu à rédiger ni négocier de contrats de cession pour des jeux vidéos. Mais quoiqu’il en soit, le principe est le même : commande d’une musique + cession des droits d’exploitation qui vont avec. Les modes d’exploitation et les conditions d’utilisation seront différentes pour un film ou un jeu vidéo c’est sûr, mais juridiquement ce n’est pas si différent.

      Voilà, j’espère que ça t’aide un peu.

      Merci aussi de mettre la lumière sur un sujet passionnant, la musique & les jeux vidéos, que j’aimerais bien explorer et développer un peu plus ! J’en profite pour lancer un appel aux juristes passionnés qui liraient ce blog et qui auraient envie de travailler sur le sujet…contactez-moi ! 🙂

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