Mais qui contrôle l’industrie de la musique ? | Une évidence oubliée

QUI contrôle tout l'industrie de la musique en France et dans le Monde ? Qui détient les clés du business de la musique ? Un article écrit pour les Artistes et les Créateurs.
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Voici un article rédigé en 2019 quand le blog s’appelait encore “Droit de la Musique”.

Je m’adressais aux artistes qui débutaient leur carrière et voulaient devenir pros.

J’ai pensé que ça pouvait rester intéressant même pour les Entrepreneurs (de la Musique).

 


 

QUI contrôle toute l’industrie de la musique en France et dans le Monde ? Qui détient les clés du business de la musique ? La question que chaque musicienne et musicienne se pose, non ? En tout cas, c’est la question que je me suis posée…

Tu as dû en entendre tout un tas de théories, de débats, de mythes, de témoignages. Tu dois avoir ton avis aussi.

Je respecte toutes les théories et toutes les interprétations. Elles ont certainement toutes en elles une part de vérité.

Mais depuis 15 ans, j’observe l’écosystème de la musique. Ce que j’ai découvert est tout à fait intéressant et très loin des mythes et des légendes.

Dans cet article, je m’adresse plus spécifiquement aux Artistes et Créateurs.

Dans l’industrie de la musique, il y a deux catégories d’artistes

Depuis 15 ans, j’ai rencontré beaucoup de musiciens et de musiciennes qui voulaient “vivre de leur passion” et devenir professionnels (à propos de cette quête parfois illusoire, tu peux lire le recueil que j’ai écrit : De ta Passion, tu ne vivras point.)

À un moment donné de leur développement, ils et elles étaient confronté·e·s à des questions essentielles :

  • signer ou pas un contrat avec un éditeur / producteur / manager,
  • comment protéger leurs intérêts,
  • quelle structure créer pour porter leurs projets,
  • comment négocier un contrat,
  • de quelle manière créer des revenus sur le long terme,
  • etc.

 

Et là, souvent, beaucoup de questions, beaucoup de doutes, d’incompréhensions, de flous, de peurs.

Face à cette situation, j’ai observé deux types de comportements :

D’un côté, il y a ceux qui laissent tomber

Celles et ceux qui essayent de se débrouiller sans trop comprendre.

De toute façon, Miles Davis n’a pas eu besoin de connaître l’article L.111-1 du code de propriété intellectuelle pour composer Kind of Blue, pas vrai ? Et Gil Scott-Heron, Pieces of a man ?

Mozart, est-ce qu’il connaissait ses droits quand il a composé le Requiem ? Et J.S. Bach ? James Brown, quand il montait sur scène, pensait-il à la dernière réforme législative ? Que dire de Jeff Buckley ? Aretha Frankiln ?

Et TOUS ET TOUTES les autres ??

OUI, OUI, OUI c’est complètement vrai !!

Pas besoin de connaître ses droits pour composer un chef d’œuvre.

Je suis d’accord à mille pour cent (et heureusement d’ailleurs !).

Donc, il y a celles et ceux qui mettent toute leur énergie dans la composition, l’écriture ou l’interprétation. Toute leur énergie dans la création. Ils passent leur journée à jouer, chanter, enregistrer des maquettes, jouer dans le métro, dans les bars…

Mais par contre, vendre ? C’est pas leur truc. Ah non, les chiffres c’est pas leur truc non plus !

Et puis finalement ils se font repérer par un producteur génial qui investit des milliers d’euros pour développer leur carrière.

Par contre, lui, vendre c’est son truc, les chiffres c’est son truc. Et là c’est la gloire. Ils gagnent pleins d’argent, leur avocat, leur producteur et leur manager s’occupent de tout. Bingo.

Effectivement, parfois, avant, ça a pu marcher comme ça. Bien que je ne connaisse aucun exemple où ça se termine bien.

Mais très souvent, ça ne marche pas.

Pas comme ça.

De l’autre côté, il y a celles et ceux qui s’accrochent

De l’autre côté, il y a les musiciens et les musiciennes qui cherchent à bâtir une carrière professionnelle solide et durable.

Il y a les artistes qui veulent garder leur indépendance et qui cherchent à piloter leur carrière, plutôt que de la subir

On trouve de ce côté les artistes qui ont compris une chose essentielle. Aussi bizarre que cela puisse paraître, ils ont compris que : leur liberté d’expression passe par la compréhension et la maîtrise de leur environnement juridique et économique.

Ces musiciens et musiciennes ont senti, à un moment donné de leur carrière, que ne pas s’intéresser aux questions JURIDIQUES revient à ne pas s’intéresser aux questions d’ARGENT.

Et donc, ils réalisent que ne pas s’intéresser aux questions d’argent revient à ne pas s’intéresser au développement de leur carrière professionnelle.

De ce côté là, il y a les musiciens et les musiciennes professionnelles qui ont trouvé la réponse à la question : Mais qui contrôle l’économie de la musique ?

L’industrie de la musique entre les mains des Artistes et des Créateurs

Je t’ai dit qu’il n’y avait pas de mystère et que c’était très simple en réalité.

Eh bien oui, à la BASE DU SYSTÈME ÉCONOMIQUE de la musique, il y a tout ce que les auteurs-compositeurs et les artistes vont créer, écrire, composer, jouer, chanter.

En somme : TOI auteur·e, compositeur, compositrice, artiste-interprète, TU es la base de tout le système.

TU es à la BASE de toute l’économie et l’industrie de la musique.

C’est TOI qui détient les clés du système en réalité.

Au fait, ça t’avance à quoi de savoir ça ?

Sincèrement ? Sur le coup, et en apparence, ça change rien du tout.

Mais, sur le long terme et en profondeur, ça change tout.

Et pourquoi ça change tout ? Parce que ça change le plus fondamental : TON ÉTAT D’ESPRIT.

Parce que tu commences à comprendre et à voir que toutes les personnes qui travaillent dans la musique gagnent de l’argent (une partie en tout cas) grâce à TON travail. Du PDG de Sony Music, en passant par le directeur artistique, l’ingé son, le distributeur, jusqu’au community manager, les juristes (! ^^) et même la standardiste de l’accueil que personne ne calcule.

Sans toi, sans tes créations, sans tes interprétations, tout s’effondre.

Il ne reste plus rien de l’industrie de la musique, de l’économie de la création.

Donc, ça veut dire quoi concrètement ?

1. que de TON travail dépend la vie économique de beaucoup d’autres personnes

2. que ces personnes-là vont essayer de contrôler TON travail puisqu’elles en dépendent…(malheureusement, c’est encore une des logiques dominantes aujourd’hui)

 

Pour dire les choses autrement, ça veut dire que :

 

Si tu n’apprends pas à gérer TES droits et TON argent comme TU veux – toi, quelqu’un d’autre va le faire à ta place, comme il veut – lui.

 

Et c’est ce qui se passe depuis à peu près 50 ans dans l’industrie de la musique…

Des entrepreneurs, des mecs d’HEC, d’écoles de commerce, des avocats, des managers, des administrateurs, des experts-comptables, c’est EUX qui gèrent TON business…

Sans offense pour les personnes qui travaillent là, mais tu vois beaucoup d’artistes ici ou ?

Alors, tu commences à comprendre ?

Se plugger au bon circuit économique

Pourquoi je te dis tout ça ?

Parce que si tu veux te développer, si tu veux devenir pro, tu vas devoir gagner de l’argent.

Et pour gagner de l’argent, tu dois comprendre d’abord d’où il vient, comment il est créé. Oui, créé. Et comment il circule, par où il passe.

En fait, tu dois te plugger, te raccorder à un circuit économique. C’est exactement comme se raccorder à un circuit électrique. L’ARGENT CIRCULE comme des courants ou des vents marins.

Tu te rappelles le film d’animation de Pixar Le Monde de Nemo ? Et bien, tu te souviens de la scène où Nemo et Doris rejoignent un groupe de tortues qui se laissent porter par le Gulf Stream ?

Ça c’est quand tu te raccordes au bon circuit économique ! 🙂

Par contre, pour pouvoir profiter de ce flux d’argent, pour s’insérer dans ce courant économique, c’est plus facile si tu comprends d’où vient ce flux, et comment il est créé.

En réalité, crise ou pas crise, Internet ou pas Internet, c’est la même logique, c’est la même équation qui est en jeu. Toujours.

Et c’est pour t’aider à comprendre les quelques principes fondamentaux qui structurent le monde professionnel de la musique que j’ai créé le cours en ligne : Accord Parfait

Article rédigé par  : Jennifer ESKIDJIAN

Article rédigé par : Jennifer ESKIDJIAN

Juriste, Formatrice, Fondatrice du site À ContreTemps

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